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Label Rouge, un vrai gage de qualité ?

par | 18 Août 2021 | Informations, Nutrition | 8 commentaires

Le Label Rouge a le vent en poupe, c'est d'ailleurs l'un des labels les plus connus des consommateurs français. Face aux exigences croissantes de consommateurs, producteurs et pouvoirs publics s'organisent pour fixer un cadre à la production. Le résultat : de nouvelles normes et de nouveaux labels. Mais quelles sont donc les exigences du Label Rouge ? Est-il toujours possible d’assurer ces exigences ?

10 min de lecture

Le Label Rouge a le vent en poupe, c’est d’ailleurs l’un des labels les plus connus des consommateurs français. Face aux exigences croissantes de consommateurs toujours plus conscients des enjeux sanitaires, nutritionnels et environnementaux, producteurs et pouvoirs publics s’organisent pour fixer un cadre à la production. Le résultat : de nouvelles normes et de nouveaux labels.

Il existe aujourd’hui en France près de 50000 producteurs qui se sont soumis aux exigences du Label Rouge, réparties sur plus de 400 cahiers des charges différents, homologués par l’État français. Les produits labellisés sont quant à eux plutôt diversifiés : viandes, œufs, miels, farines, légumes… mais aussi du gazon ! Bref, des produits aussi variés que nos terroirs.

Mais quelles sont donc les exigences du Label Rouge ? Compte tenu de la diversité des produits labellisés, est-il toujours possible d’assurer ces exigences ? Soucieux du bien-être animal, nous ne nous intéresserons qu’aux élevages Label Rouge.

Quelle est l’utilité d’un label pour le consommateur ?

Un label constitue un signe distinctif permettant de différencier et de valoriser un produit par rapport à un autre de même nature. L’objectif pour le consommateur est ainsi de pouvoir facilement le reconnaître ; on parle alors de notoriété spontanée.

Le label est conçu comme un gage de qualité et/ou la garantie de sa provenance. Toutefois, pour que cette qualité soit reconnue du plus grand nombre, elle doit suivre un cadre strict : c’est le fameux cahier des charges. Cliquez pour tweeter

Quelle différence entre les labels BIO, Label Rouge et Fermier ?

Agriculture biologique

Logo Agriculture biologique
L’Agriculture Biologique est un système de production agricole qui exclut l’utilisation de pesticides de synthèse, d’engrais chimiques, et d’organismes génétiquement modifiés (les traces d’OGM ne doivent pas dépasser 0,9%). Par ailleurs, l’utilisation d’intrants et de médicaments est très encadrée, et le bien-être animal est pris en compte dans le cahier des charges.

Un produit transformé peut être estampillé Bio si au moins 95% des ingrédients qui le composent sont biologiques (et si la réglementation permet l’utilisation de ces ingrédients).

Fermier

Pancarte de produits de la ferme
Il n’existe pas de label Fermier officiel car aucune réglementation applicable n’a été définie à tous les produits agricoles. En pratique, un produit est fermier s’il est fabriqué selon des techniques traditionnelles par un producteur agricole qui ne transforme que les produits de sa propre ferme sur son propre site.

Prudence donc avec la mention “Fermier” qui est souvent utilisée à tort et à travers par des producteurs peu scrupuleux. Le site de la DGCCRF, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, fait le constat de nombreux cas d’usurpation de labels valorisants :

“Par exemple, de nombreux produits portaient la mention « fermier » ou « poulet de ferme », termes utilisés de manière abusive, les professionnels concernés ne respectant pas les critères du mode d’élevage « fermier – élevé en plein air ». Par ailleurs, certaines illustrations (dessin d’une volaille qui picore dans l’herbe ou représentation d’un champ par exemple) sont susceptibles de laisser penser au consommateur que les poulets répondent aux critères du mode d’élevage « sortant à l’extérieur » alors qu’il s’agit en réalité de volailles élevées en claustration.”

Label Rouge

Logo Label Rouge
Le Label Rouge est un sigle créé en 1960 sous l’impulsion de la filière avicole française, soucieuse d’offrir une gamme de produits de qualité supérieure produites à l’échelle industrielle. Les cahiers des charges Label Rouge sont ainsi très variés et adaptés à une espèce donnée, qu’elle soit végétale ou animale.

Seul signe officiel attestant d’une qualité supérieure sur un produit par rapport à leur équivalent courant (Article L641-1 du Code Rural), ce label est attribué selon le respect d’un cahier des charges strict, établi par l’Institut national de l’origine et de la qualité. Plus précisément, l’INAO définit :

  • les caractéristiques du produit
  • les exigences et normes de production tout au long du cycle de production
  • les critères d’attribution du label

Chaque année, des contrôles sensoriels (ou organoleptiques) sont effectués sur les produits par des experts en laboratoires indépendants et accrédités.

Les exigences des élevages Label Rouge

Poules et poulets Label Rouge

L’élevage de poules et poulets Label Rouge repose sur 5 exigences fondamentales :

  1. Choix de races de poules rustiques, à croissance lente et reconnues pour la qualité de leur chair
  2. Accès à de grands espaces végétalisés et ombragés
  3. Alimentation 100% végétale
  4. Durée de vie des poules supérieure aux volailles conventionnelles afin d’accroître les qualités gustatives de leur chair
  5. Respect des normes d’hygiène et de sécurité sanitaire, avec contrôles réguliers

Poules pondeuses Label Rouge

Poules élevées en liberté, comme en Label Rouge

Crédit photo : Zachariah Smith depuis Unsplash

Par ailleurs, le Label Rouge autorise l’élevage de poules en plein air ou en totale liberté :

  • en plein air : c’est un élevage en semi-liberté ; les poules peuvent sortir en extérieur la journée et disposent d’au moins 4m² chacune
  • ou en liberté : accès à volonté à un espace non clôturé

La production d’œufs de poules Label Rouge est également soumise à un encadrement particulier :

Œufs de poules en cage Œufs de poules au sol Œufs Label Rouge Œufs biologiques
Code de mode de production 3 2 1 0
Type d’élevage Claustration Claustration Plein air/Liberté Plein air/Liberté
Taille de l’élevage Pas de taille maximale (jusqu’à 300 000 poules) Pas de taille maximale 2 bâtiments de 6000 poules maximum Bâtiments de 3000 poules maximum
Densité de population du poulailler 750 cm²/poule (13 poules/m²)

2000 cm²/cage

9 poules/m², avec

4 niveaux superposés possibles

9 poules/m² au sol 6 poules/m² au sol
Accès à un espace en plein air Aucun Aucun 5 m² / poule minimum 4 m² / poule minimum, sur un parcours défini par le cahier des charges de l’agriculture biologique
Alimentation des poules 100 % végétaux, minéraux et vitamines 100 % végétaux, minéraux et vitamines 100 % végétaux,

minéraux et vitamines, 50% minimum de céréales

100 % végétaux, minéraux et vitamines, 95% minimum de matières premières biologiques
Coloration du jaune d’œuf Alimentation avec colorant de synthèse Alimentation avec colorant de synthèse Alimentation sans colorant de synthèse Alimentation sans colorant de synthèse
Qualité supérieure de l’œuf Garantie par des analyses organoleptiques
Contrôle par un tiers indépendant Organisme certificateur Organisme certificateur

Vaches et bœufs Label Rouge

Le cahier des charges des viandes Label Rouge de 2019 renforce ses exigences. On y retrouve notamment l’intégration d’un outil d’évaluation du bien-être animal, visant une meilleure gestion de la douleur (notamment lors de l’écornage et de la castration) et le respect des cycles naturels et de pâturage.

Le choix des races bovines se fait selon la qualité de leur chair (races à viande) et de l’adaptation à leur aire géographique.

Bœuf sans label Bœuf Label rouge
Alimentation Pas d’obligation de pâturage

Présence d’OGM possible

Selon le cycle naturel : alternance stabulation/pâturage

Pas d’urée ni de produits d’origine animale

Mesure à venir : alimentation sans OGM ni huile de palme

Durée de vie Pas de limite d’âge 28 mois au minimum et 120 mois maximum pour les femelles, 30 mois minimum pour les mâles
Conditions d’élevage Pas d’obligation de pâturage, de litière végétale ni de nettoyage des bâtiments 5 mois minimum en prairie, abris obligatoires pendant les périodes de pâturage

Litière végétale

Nettoyage des bâtiments au moins une fois par an

Porcs Label Rouge

Les règles appliquées aux  élevages de porcs Label Rouge ne diffèrent malheureusement pas beaucoup de celles des élevages standards. Par ailleurs, la production de porcs Label Rouge ne représente qu’1% de la production totale de porcs sur le territoire français.

Porc sans label Porc Label Rouge
Alimentation Taux de protéines (soja) proche de 35%

Farines animales interdites

60% minimum de céréales et produits dérivés

30% maximum d’oléagineux, de légumineuses et produits dérivés

Farines animales, de manioc ou de patate douce interdites

Durée de vie 170 jours (en moyenne) 182 jours minimum
Conditions d’élevage Surface réglementaire (1m² pour un porc de 110 kg) 120% de la surface réglementaire (1,2m² pour un porc de 110 kg)

Accès à l’extérieur pour un porc Label Rouge “fermier”

Agneaux Label Rouge

Moutons en liberté

Crédit photo : Judith Prins depuis Unsplash

L’élevage Label Rouge pour les agneaux est divisé en trois catégories, selon leur âge. Dans tous les cas, ils doivent rester sur le même site que leur mère afin d’être nourris au lait maternel.

Agneau sans label Agneau Label rouge
Alimentation Lait reconstitué autorisé avec alimentation complémentaire possible après 20 jours Catégorie A : nourri au lait maternel par tétée au pis

Catégorie B : nourri au lait maternel avec complémentation

Catégorie C : nourri au pis au minimum 60 jours

Durée de vie Moins de 12 mois Catégorie A : moins de 50 jours

Catégorie B : moins de 80 jours

Catégorie C : entre 210 et 240 jours

Conditions d’élevage Pas d’obligation de maintien de l’agneau avec sa mère, bâtiments en état. L’agneau reste chez le même éleveur de la naissance à l’abattage

Selon la catégorie de l’agneau : de 0,3m² à 0,5m² par animal et de 1,1m² à 1,5m² pour l’agneau et la brebis

Le Label Rouge tient-il ses promesses ?

Quand on paie un produit 20% à 60% plus cher que le conventionnel, on s’attend à ce que la qualité gustative soit supérieure et que les agriculteurs et éleveurs soient mieux rémunérés. Qu’en est-il vraiment ?

C’est sans doute la plus grosses déception de ce label : il ne garantit aucune rémunération supérieure des producteurs par rapport au conventionnel. Selon le journaliste pour France Télévisions Julian Bugier, l’essentiel des marges supplémentaires tombe directement dans la poche des intermédiaires.

Quant aux conditions d’élevage, ce n’est pas le paradis promis non plus. Après s’être infiltré dans des élevages de porcs Label Rouge à l’aide de militants, le journaliste déclare :

“Nous avons filmé des animaux traités comme dans les élevages intensifs. Ils disposent d’à peine 50 cm pour bouger, et ce dans des conditions déplorables, sans jamais voir la lumière du soleil. Certains sont morts, d’autres ont la queue coupée ou sont castrés.”

Alors, comment s’y retrouver ?

Toutefois, il ne faut pas mettre tous les éleveurs dans le même panier ! Il existe des élevages fermiers (Label Rouge ou pas) d’animaux nourris aux céréales produites localement (parfois même sur le site d’exploitation). En complément, les animaux se nourrissent d’aliments naturellement présents sur leur parcours arboré, comme des plantes sauvages ou des insectes. En outre, le recours aux antibiotiques y est souvent proscrit,  les éleveurs privilégiant les huiles essentielles et une alimentation de qualité pour lutter contre les parasites.

De nombreux sites de vente en ligne en direct avec l’éleveur permettent de communiquer directement avec ce dernier et de consulter les photos de son exploitation. Il faudra cependant compter le double voire le triple du prix standard.

En conclusion : il semblerait, encore une fois, que la production à l’échelle industrielle œuvre dans le sens de la standardisation des goûts et des pratiques agricoles. En matière de qualité nutritionnelle, il n’y a pas de secret : mieux on connait la source de l’aliment consommé, plus on a de chances de savoir ce qu’on a dans son assiette ! Pour aller plus loin dans l’affinage de ton radar, tu peux consulter notre guide anti greenwashing.

[Photo de couverture : Vaches d’Alsace par Flash Dantz]

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8 Commentaires

  1. rcmPqSbD

    eCirpoulnRAJFa

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